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hobbies

Publié par Christophe TROLÈS

Si vous avez raté les 2 premiers épisodes...

1ère partie : pourquoi maman est partie avec la moitié de ses enfants?

2ème partie : pourquoi l'apiculteur est-il frustré? Et que fait-il pour éviter cette désertion...

3ème partie : pourquoi à l'autre bout de la colline un autre apiculteur (pour une fois c'est moi) est lui très content?

 

Un petit coup de fil du maire de Bussy St Martin pour me prévenir qu'un essaim s'est installé à quelques encablures de chez moi. Ni une, ni deux, me voilà d'attaque pour aller récupérer mon premier essaim de l'année.

J'arrive rapidement sur place et me rends très vite compte que ça n'est pas la population de la Chine et de l'Inde réunies qui sont accrochées au petit arbre qui borde la rue du Met. Peu m'importe, après tout, petit essaim deviendra grand.

Première chose à faire, évaluer les difficultés pour intégrer tout ce petit monde dans la ruchette en polystyrène. Vu la taille de la famille, ça ne semble pas un problème. Ensuite, comment y accéder sans se retrouver en vrac 3 m plus bas.

Un escabeau gentiment mis à disposition, on le place tant que faire ce peu sous l'essaim. On met le réceptacle quelques centimètres en dessous. Zut, il y a une branche qui me gène. Je tente le coup tout de même. Un coup sec sur la branche et hop dans la boîte.

Enfin... dans la boîte, c'est vite dit car il y a bien 1/3 de la fratrie qui est tombé à coté. Je fais fi des 2 ou 3 abeilles rentrées sous ma vareuse et qui volettent gracieusement à 3 cm de mes narines, pour tout de même replacer le toit et déposer le nouveau domicile au sol.

La question est maintenant de savoir si la reine fait partie des chanceuses qui sont à l'abri. La réponse est quasi immédiate car les rabatteuses sont déjà au travail et exhibent avec fierté leur glande de Nasanov en se plaçant sur le pourtour de l'unique entrée. C'est alors la ruée vers la reine... Pour un non initié, tout ce tohu-bohu pourrait ressembler à un film catastrophe pour hyménoptère. Mais il n'en est rien. C'est en fait une sorte de panique organisée... Je sais pour l'avoir déjà vu à plusieurs reprises que le calme va vite revenir. Je laisse la ruchette sur place et 1h30 après, à l'heure où les étoiles repoussent le soleil, la zénitude s'est emparée de la colonie. Tout le monde est au chaud autour de maman. A peine un petit bourdonnement quand une retardataire vient paisiblement se faire happer par l'orifice d'entrée.

vidéo de la cueillette de l'essaim

Après avoir refermé la porte, la ruchette est ramenée à la maison.

Le lendemain, il pleuvra toute la journée. Pour une fois c'est une aubaine car cette journée sans sortie va permettre à la colonie de se fixer. Il arrive en effet qu'un essaim quelque peu difficile décide de repartir à l'aventure en laissant derrière lui une ruche vide et un apiculteur dépité.

Ma ruchette en polystyrène avec un toit en tôle qui cache un nourrisseur afin d'aider l'essaim à se fixer.

Ma ruchette en polystyrène avec un toit en tôle qui cache un nourrisseur afin d'aider l'essaim à se fixer.

Deux jours après, l'habitacle type bidonville sera remplacé par une habitation à Haute Qualité Environnementale.

Mais une question restait en suspend. Cet essaim était-il primaire et donc avec la vieille reine (pardon madame) en ponte ou secondaire avec une jeune reine vierge?

Je n'ai pas voulu déranger les nouvelles locataires mais vu la taille des pelotes que les butineuses ramènent, il est fort à penser que de gourmandes larves se repaissent de ce pollen de châtaignier avec une insatiable avidité.

 

Quoi qu'il en soit, la sérénité s'est installée et il reste 3 mois pour que "petit essaim" devienne grand.

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Christophe 28/07/2013 21:23

Bonjour Léon,
Désolé mais suite à une mauvaise manip de ma part, votre commentaire très sympa a disparu. Je vous remercie pour vos encouragements qui font toujours plaisir.
Pour répondre à votre question à propos des différentes races, je n'ai pas encore eu beaucoup de variétés dans mon rucher. La très grande majorité de mes colonies sont des hybrides de buckfast et je peux vous dire qu'elles sont très piquantes en ce moment. J'ai une seul colonie en F1 donc presque pure et c'est vrai qu'elles ont la particularité d'être très douces (c'est la seule ruche que j'ai manipulé sans gant) mais elles sont aussi très travailleuses.Malheureusement pour moi, elle a essaimé cette année et elle me donnera que très peu de miel.
J'ai en effet déjà entendu parlé des travailleuses "caractérielles" et des gentilles "pépères", mais il y a tant de paramètres à prendre en compte que c'est toujours difficile d'en faire une généralité. Chaque reine est unique et une f1 peut parfois être moins efficace qu'une hybride depuis plusieurs générations. C'est aussi pour cette incertitude qui fait que cette activité est unique...
Encore merci et bon courage pour la récolte si elle n'a pas encore été faite.

Christophe 03/08/2013 13:26

En fait, pour l'instant je fais globalement comme le font ceux qui m'ont aidé à commencer. Je mets des lanières apivar. Je n'en mets qu'une par ruche mais un peu plus longtemps. Ça s'est très bien passé l'année dernière. Mes 5 ruches hivernées avaient parfaitement passé l'hiver. Pour le nourrissement, je ne te cache pas que mon objectif est de les aider en début d'hivernage afin de ne plus avoir à intervenir en début de printemps. En gros, si elles sont assez puissantes et qu'elles ont assez de réserve, je ne fais rien. Si je vois qu'elles ne sont pas assez lourdes je leur donne du sirop. En fait, je pense que le nourrissement au candi en début de printemps n'est pas terrible (je me fie aux diverses lectures et aux conseilles avisés des apiculteurs que je connais pour me faire mon idée). Cette année, malgré un hiver à rallonge, je n'ai nourri aucune de mes ruches au printemps. Par contre j'en ai aidé mi juin car certaines étaient totalement sèches (on marche sur la tête).

Léon 03/08/2013 10:12

Merci pour ta réponse qui me satisfait pleinement.
Ni cette année, ni l'année dernière je n'ai procédé à une vraie récolte de miel : le climat en Lorraine a été détestable et, adepte d'une apiculture à l'ancienne, je préfère en pareil cas laisser aux abeilles une réserve suffisante plutôt que de devoir compenser avec des apports sucrés du commerce.
De même pour la lutte contre les varoas j'en suis resté, au souvenir de mon beau-père décédé il y a 30 ans, à l'acide formique et, jusqu'à présent, cela s'est avéré suffisant pour contenir la prolifération de ces bestioles.
J'avoue, à la discussion avec d'autres apiculteurs plus expérimentés que moi, paraître un peu "has been" à leurs yeux mais j'ai une aversion pour tout ce qui est chimique.
Comment fais-tu ?
Cordialement,

Christophe 14/07/2013 17:54

Merci (-;

Brig. 14/07/2013 13:18

bon commentaire très plaisant.