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hobbies

Publié par Christophe TROLÈS

C'est le printemps... Youpi!!! Les colonies se développent, les oiseaux se font les yeux doux. Enfin... sauf ces amoureux quelque peu fâchés...

 

 

Tant va la ruche à l'eau...

Les pruneliers sauvages souvent pris pour des aubépines se parent de leur manteau blanc, 

Tant va la ruche à l'eau...

singeant ainsi les cerisiers, logiquement annonciateurs des éventuelles premières belles journées.  Mais si l'habit ne fait pas le moine, l'aquarelle ne fait pas la saison...

Tant va la ruche à l'eau...Tant va la ruche à l'eau...

Du coup, les apiculteurs, inquiets, ont les yeux rivés sur le ciel nébuleux et le thermomètre, premier témoin d'un mois d'avril particulièrement mouillé...

Mais cessons là nos complaintes et attardons nous sur le bilan de fin d'hiver.

Sur cinquante colonies hivernées :

Nombre de colonies mortes durant l'hiver : 0

Nombre de colonies sans couvain à la sortie de l'hiver : 2 (4%) dont une ayant encore une reine probablement mal fécondée en 2015.

Nombre de colonies malades aujourd'hui : 0

A noter tout de même que trois belles colonies dont j'ai la gestion sont touchées par la maladie noire. Pourtant, il n'y a aucun lien avec les colonies malades de l'année dernière et à priori aucune cause connue comme l'hivernage sur miellat ou encore le manque de diversité pollinique...

D'un autre côté, ma ruche qui avait quelques symptômes et que j'avais mise en quarantaine se porte bien aujourd'hui.

Au bout du compte, ces chiffres sont plutôt satisfaisants. Pour autant, il ne faut surtout pas chanter trop fort. L'apiculture est aujourd'hui une école d'humilité et les retours de bâtons peuvent arriver bien plus vite qu'on l'imagine. Entre les vols, le vandalisme, les pesticides, les prédateurs et les maladies, on a de quoi se faire du souci...

Le début de saison humide peut d'ailleurs, si ça ne s'arrange pas rapidement, devenir réellement compliqué. Et le premier problème que je rencontre aujourd'hui est l'accès aux ruchers. Ils sont tous très bien placés mais peu carrossables quand le temps est trop humide sous peine d'enlisement. Il faut parfois une heure pour amener tout le matériel avant de pouvoir travailler. Sans parler des déplacements de ruches qui sont quasi impossibles sans véhicule adapté.

Mais parlons plutôt des petites zazas...

Même si la météo n'est pas réellement de la partie, les colonies se développent tout de même très vite et la majorité d'entre elles sont sur 6 ou 7 cadres de couvain.

Ici, un cadre de couvain naissant :

Tant va la ruche à l'eau...

Pourquoi naissant? Et bien la reine commence souvent par pondre au centre d'un cadre et va peu à peu s'en éloigner. Les premières émergences (sorties de cellule) vont donc se faire au milieu. Et si l'on regarde de plus prêt, on voit bien une petite tête qui fait coucou. Les cellules centrales ont déjà été libérées et les autres vont donc bientôt suivre.

Tant va la ruche à l'eau...

On peut en profiter pour comprendre la structure d'un cadre de couvain classique.

A l’intérieur du trait marron, le couvain proprement dit.

Entre le trait marron et le trait orange, le pollen, nourriture principale des larves.

Et sur l'extérieur, le miel.

Tant va la ruche à l'eau...

Attention tout de même car toutes les colonies ne s'organisent pas de la même manière. Certaines remplissent entièrement le cadre de couvain et montent le miel dans la hausse. Il faut alors être particulièrement attentif lors des récoltes car on embarque alors la grande majorité de leurs réserves...

C'est le cas pour ce beau cadre de couvain dans lequel il n'y a quasiment plus de place pour le miel.

 

 

Tant va la ruche à l'eau...

En ouvrant les ruches, on peut observer les différents stades de développement du couvain ouvert (avant l'operculation de la cellule).

Tout d'abord, les œufs (du 1er au 3ème jour)

Tant va la ruche à l'eau...

Puis quelques jeunes larves

Tant va la ruche à l'eau...

Enfin, celles-ci, particulièrement bien dodues, vont bientôt se faire enfermer (9 jours après la ponte). Elles profitent probablement de leurs dernières heures de lumière avant une douzaine de jours...

Tant va la ruche à l'eau...

Toutes les colonies ne se développent pas à la même vitesse. Certaines vont très vite, voir même trop vite car elles essaimeront probablement si je ne fais rien. D'autres prennent tout leur temps. Personnellement, je les ai rééquilibrées. Pour cela, je redonne des cadres de couvain aux colonies en retard en ponctionnant un ou deux cadres aux plus pressées.

En plus de cela, on va ajouter un ou deux cadres de cire gaufrée.

Celle-ci, qui a passé l'hiver sur 6 cadres, n'a eu le droit qu'à une cire gaufrée que l'on place à l'extérieur du dernier cadre de couvain. Si elle travaille bien, je lui en donnerai une autre dans quelques jours.

Tant va la ruche à l'eau...Tant va la ruche à l'eau...

Celle-ci qui était déjà bien développée a eu le droit à du rab. Les maçonnes vont pouvoir s'amuser comme des folles. Et pendant ce temps là, elles pensent moins à essaimer.

Tant va la ruche à l'eau...

Une fois que la colonie s'est bien développée, on peut retirer les partitions afin de laisser le plus de place possible pour que sa majesté puisse pondre. On découvre alors que les abeilles ont un goût prononcé pour le rognage de la feuille aluminium...

Parfois, elles ont juste déposé un peu de cire et de propolis que l'on gratte vite faitafin de la réutiliser pour les prochains essaims artificiels.

 

 

 

Tant va la ruche à l'eau...Tant va la ruche à l'eau...

Et parfois, ben il y a un peu plus de travail parce qu'elles ont tout grignoté les vilaines...

Tant va la ruche à l'eau...

Une petite anecdote. En ouvrant une ruche une deuxième fois pour prendre un cadre de couvain, j'ai pu constater que les maçonnes à qui j'avais donné un cadre de cire gaufrée une demi heure auparavant, s'afféraient déjà au travail.

Ici, les travailleuses de loin.

Tant va la ruche à l'eau...

Mais de prêt, on constate quelles ont travaillé la cire et que la base des futures cellules est déjà en construction.

Notez en haut à droite deux maçonnes en pleine trophallaxie. Quand on n'a pas de frigo pour mettre les bières, on se débrouille comme on peut pour reprendre des forces...

Tant va la ruche à l'eau...

Au cour des visites, il arrive que l'on rencontre une reine. Comme il fait encore un peu frais, je ne m'attarde pas pour les marquer. Celle-ci qui se promène sur son couvain a donc de la chance, je ne vais pas l'embêter...

Tant va la ruche à l'eau...

Quand à elle, le travail avait été fait il y a deux ans (reste de couleur verte). Elle vit d'ailleurs très probablement sa dernière saison de pondeuse.

Tant va la ruche à l'eau...

Enfin, à l'extérieur de la ruche, il y a toujours plein de petites choses à voir. Comme ces nettoyeuses qui se sont mise au travail pour éjecter une larve.

Tout d'abord à deux...

Tant va la ruche à l'eau...

Puis à trois...

Tant va la ruche à l'eau...

Et finalement, il y en a deux qui ont lâché l'affaire. Laissant ainsi leur sœur dans la panade!!!

Tant va la ruche à l'eau...

Et au début du mois d'avril, les premiers faux bourdons font leur apparition. Ils seront bientôt dans les starting-blocks pour tenter de gagner la course de leur vie de reproducteur afin de féconder une reine.

Tant va la ruche à l'eau...

Bien évidemment, pour Pirouette et Cacahuète, pas de course, mais des réveils un peu difficiles.. Elles doivent regretter le mois d'avril 2015 estival qui leur avait donné des belles couleurs!

Tant va la ruche à l'eau...Tant va la ruche à l'eau...

Il faut dire que le climat est à l'image de la Brosse qui gonfle et dégonfle au fil des jours...

Tant va la ruche à l'eau...
Tant va la ruche à l'eau...

Tout va trop vite. Entre début de l'écriture de cet article et aujourd'hui, les essaimages ont débutés, les hausses sont posées et un gros coup de froid va calmer tout le monde durant une bonne semaine... Mais attention aux premières belles journées qui suivront... Va y avoir de l'abeille dans l'air!!! 

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